Activité : femme

L’activité féminine possède ses caractères particuliers.

Leur observation est ardue. Les conditions de l’existence humaine exigent très souvent du sexe féminin une adaptation forcée à des occupations qui dissimulent cette nature et la font dévier de sa libre expression.

Il faut donc essayer de saisir la femme dans son activité spontanée, ses souffrances profondes, ses désirs insatisfaits et ses révoltes pour découvrir son orientation naturelle.

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Activité sentimentale

De bonne heure, la fillette a besoin d’éprouver des sentiments. Lorsque les parents savent créer une atmosphère familiale où elle peut s’épanouir librement, nous la voyons toute heureuse d’embrasser sa mère, de la caresser de sa petite main, de lui faire quelque surprise agréable. Avec plus de réserve, mais non moins d’affection, elle vient se blottir près de son père ; elle essaie d’être admise sur les genoux paternels et, là, gazouille gentiment.

Elle prend plaisir non seulement à se faire cajoler, mais encore à câliner. Aussi s’intéresse-t-elle aux tout-petits qui deviennent entre ses mains des poupées vivantes ; elle leur parle, les distrait, les serre très fortement dans ses bras au risque de leur faire mal.

Peu à peu, cette nature féminine manifeste un besoin toujours plus pressant de vivre des sentiments affectueux. La jeune fille cherche plus ou moins consciemment à susciter de l’amour autour d’elle. Pour cela, elle s’ingénie à se faire agréable, attrayante, coquette même. Dès qu’elle est entourée de tendresse, elle éprouve un bien-être ; ses attitudes deviennent plus souples, ses paroles plus douces, son sourire plus chaud, son regard plus caressant. Toute une intense vitalité s’échange entre elle et ceux qui lui donnent la possibilité d’aimer et d’être aimée.

Car la femme est impérieusement poussée vers une activité sentimentale. Elle se plaint souvent de ne pas pouvoir témoigner de l’affection ou de ne pas en recevoir. Si l’existence lui permet de déployer ses profondes capacités d’amour, elle ressent un accroissement vital qui la détend ; son comportement devient alors l’expression d’une riche sentimentalité qui se concrétise jusque dans les moindres gestes.

Cette tendance prédomine très nettement les autres orientations énergétiques. Plus une femme est féminine, plus elle porte en elle cette exigence d’aimer.

Mais ces énergies sentimentales ne se réalisent pas en des courants massifs ; bien au contraire, elles se répartissent en doses infimes. Une telle modalité constitue la base même de la délicatesse des sentiments féminins. Les très petites différences se révélant entre ces doses énergétiques sont les nuances de cette vitalité intérieure.

Plus les courants sentimentaux sont délicats, plus ils sont mobiles et multiples. Les moindres attraits et les plus petits heurts provoquent des variations, des déviations, des arrêts de l’activité psychique. Cette vitalité présente donc des courants qui, sans répit, s’harmonisent, s’entrechoquent, se croisent, se neutralisent, se renforcent.

La femme est, en effet, riche en sentiments. Elle éprouve le besoin d’aider, de conseiller, de stimuler, de caresser, de chérir, de se méfier, de craindre, de haïr, d’espérer, d’aimer. De telles forces intérieures la rendent instable. Mais sous l’apparence d’une complexité inextricable et d’une mobilité déconcertante, il y a une richesse vitale qui donne à la femme son irremplaçable valeur humaine. C’est en cet univers intime que se situe la réelle beauté féminine qui est une immense vitalité miroitant sous les rayons de l’amour.

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Activité physiologique

Il existe une autre prédominance énergétique dans cette nature humaine : celle de l’activité physiologique.

La femme possède un organisme qui exige des soins constants pour accomplir convenablement son rythme vital. Le cycle menstruel manifeste cette activité qui se déroule en périodes d’intenses dépenses, suivies de moments de récupération. Les énervements, les sautes d’humeur, les abattements subits ne sont très souvent que les conséquences de cette incessante vitalité.

L’activité physiologique s’intensifie encore dès que la femme est enceinte. La quantité d’énergies utilisées pendant la période de grossesse est immense. Toute une nouvelle vie s’accroît aux dépens des forces de la mère.

Mais il est faux de croire qu’une telle activité soit cause d’un amoindrissement de l’organisme féminin. Celui-ci est nettement caractérisé par une tendance à constituer des réserves d’énergies. Chez une femme équilibrée, il se forme une accumulation de forces dont la quantité se maintient à un certain niveau constant grâce à une régularisation réalisée par le cycle menstruel. En effet, lorsque cette activité génitale s’arrête, soit à la suite d’une opération, soit en raison de l’âge, l’organisme tend à s’épaissir et à s’empâter.

Dès qu’une nouvelle vie se développe dans le sein de la mère, les réserves énergétiques sont immédiatement débloquées. Jusqu’au fond de cette nature, des forces qui sommeillaient en attente surgissent. Une subite intensification de l’activité physiologique apparaît avec, parfois, des malaises, des souffrances, mais aussi avec des sensations intenses de bien-être. Tout un renouvellement vital s’accomplit dans cet épanouissement.

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Orientation des énergies vers la maternité

Or, les énergies sentimentales et les énergies physiologiques tendent à se fusionner dans cette nature humaine pour réaliser un don total de vie. C’est dans cette fusion que se situe la maternité qui est la tendance prédominante de toute nature biologiquement féminine.

Le jouet préféré de la fillette est, en effet, la poupée. Le fait est évident, mais certains prétendent que ce penchant est un reliquat d’une coutume ancestrale, témoignage de l’esclavage de la femme. Une éducation qui consisterait à priver les petites filles de ce jouet parviendrait, d’après eux, à déraciner de la psychologie féminine ce reste de servitude atavique.

Mais une bonne observation nous prouve que la fillette n’aime pas seulement posséder une poupée, mais encore sait jouer à la maman. Là se place la véritable signification de cette observation positive. Il n’est pas nécessaire que l’on enseigne à la petite fille au tempérament féminin comment elle doit s’amuser avec sa poupée. Sa mère intervient pour lui montrer la façon de tricoter un petit bonnet, de confectionner un bavoir, d’ajuster convenablement une barboteuse, mais il ne s’agit que de questions techniques. Il est inutile de forcer l’enfant à coucher son poupon dans le berceau, à lui donner le biberon, à lui faire faire « les premiers pas ». La fillette l’emporte en ville, en voyage, au bord de la mer. Elle préfère en être encombrée plutôt que de s’en séparer. La poupée est un être vivant à qui elle parle, raconte des histoires, montre le paysage et demande de rester bien sage pendant qu’elle s’absente quelques instants.

Il ne suffit pas que la fillette ait vu les mamans prendre soin de leurs petits. Les garçons voient aussi les mères emmailloter, choyer, consoler, nourrir leurs enfants. Certains ont même dû, contre leur gré, bercer leur jeune frère ou leur petite sueur. Ils n’ont pas pris pour autant le goût de jouer avec la poupée. Si la fillette s’intéresse ainsi spontanément à une activité maternelle, cela provient d’une prédominance très marquée d’une vitalité qui veut se donner dans un sens profondément humain.

Grâce à leur nature nettement définie, certaines jeunes filles pressentent cette orientation biologique dans laquelle elles veulent s’engager totalement pour atteindre leur plein épanouissement. Elles se révoltent même contre leur milieu déféminisé. Elles désirent une vie de femme, d’épouse, de mère. Cette attitude parfois excessive dans leur caractère exclusif n’en est pas moins l’expression d’une biologie en parfaite harmonie. Ces jeunes filles ont déjà une assez forte personnalité pour ne tenir aucun compte des préjugés féministes, pro-masculins, anti-féminins. Elles sont femmes et veulent vivre en femme, sentant que l’être humain ne peut prétendre au bonheur qu’en ayant le courage de réaliser totalement sa nature sexuée.

Lorsque la fusion des énergies sentimentales et physiologiques est totale, la femme devient capable d’une valeur réellement humaine qui vitalise les êtres au plus intime d’eux-mêmes. La maternité n’est pas alors une pure reproduction et l’éducation ne se transforme pas en un simple élevage. L’enfant devient l’expression la plus parfaite de cette biologie. La mère se montre capable d’entourer son petit d’une atmosphère de tendresse et de le suivre par l’intérieur. Elle achève sa maternité en infusant ses fines énergies sentimentales au cœur même de la vitalité enfantine.

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Activité physique

Si nous tournons notre attention vers l’activité physique de la femme, nous nous rendons compte que cette nature humaine n’est pas spontanément portée vers d’intenses exercices physiques.

Les écolières ne s’élancent pas, comme les garçons, dans des jeux violents. Au signal donné par la maîtresse, elles s’égaillent ; puis, elles sautent à la corde, font des rondes en chantant, s’amusent à se surprendre, se réunissent en petits groupes pour bavarder. Elles s’essoufflent rapidement à la course et supportent péniblement un effort soutenu.

La fillette au tempérament féminin préfère les exercices peu intenses, variés et courts. Elle recherche les activités qui demandent de la souplesse, de la finesse, de la grâce. Elle aime généralement la danse. Aussi la voyons-nous prendre des poses, esquisser des pas rythmés, pirouetter sur la pointe des pieds, faire des révérences.

Cette tendance demeure très marquée chez les personnes qui n’ont pas subi de déviations. La femme redoute les intenses efforts physiques ; elle est vite à bout de ses capacités de résistance en ce domaine ; une station debout, une marche à pied ou un fardeau à transporter l’épuisent rapidement. En revanche, elle se trouve à l’aise dans des activités qui exigent des dépenses physiques à petites doses. Cette modalité si nettement adaptée à cette biologie maintient la femme dans un équilibre énergétique où les récupérations compensent les libérations. La nature féminine se montre alors presque infatigable.

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Activité intellectuelle

L’activité intellectuelle de la femme est encore nettement caractérisée par la finesse et la rapidité des libérations énergétiques. Nous décelons que ses efforts sont rapides, variés et peu soutenus. Il s’ensuit que la femme s’oriente plus spontanément vers des connaissances

où la sensibilité, l’imagination, l’intuition, les sentiments ont une large part. Elle trouve en cette orientation intellectuelle la possibilité d’effectuer de rapides concentrations d’esprit entrecoupées de détentes.

Si les matières d’étude exigent des efforts prolongés, la femme se lasse vite. Au bout d’un moment, elle commence à ne pas pouvoir maintenir son attention. Malgré sa bonne volonté, elle ne suit plus le raisonnement ; son imagination tiraille son intelligence en d’autres directions. L’expérience me permet de dire qu’il est impossible, si l’on veut respecter les psychologies masculine et féminine, d’enseigner une matière de la même façon à des jeunes filles et à des jeunes gens.

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Activité artistique

La femme cherche, elle aussi, le beau. Mais lorsqu’elle s’adonne à une activité artistique, elle tend vers l’harmonie nuancée. Les énergies qu’elle infuse dans son art sont douces, calmes, délicates. L’expression spécifiquement féminine s’achemine vers le charme.

Cette nature humaine devient spontanément artiste lorsqu’elle est sous l’effet de l’amour. C’est la petite fille qui brode patiemment un napperon pour la fête de sa maman ; c’est la jeune fille qui se pare si délicatement pour le plaisir de son fiancé ; c’est l’épouse qui s’ingénie à rendre un intérieur agréable ; c’est la mère qui habille son enfant avec art.

Toutefois, les orientations physiques, intellectuelles, artistiques restent subordonnées aux deux autres orientations prépondérantes, à savoir l’orientation sentimentale et l’orientation physiologique.

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La « déféminisation » de la femme

Mais étant donné que l’homme s’estime le seul étalon pour apprécier une valeur humaine, on incite les femmes à s’assujettir à des activités qui exigent des efforts intenses et soutenus. On soumet à des exercices sportifs des jeunes filles qui se déféminisent et perdent de leur grâce. Pour éviter une trop grande déféminisation, quelques-unes essaient de jouer aux élégantes, fréquentent les salons de coiffure, portent toilette… Hélas ! elles ne sont plus assez fines pour comprendre que la beauté féminine réside au-delà de cet extérieur. Bien souvent l’effort de reféminisation ne met que plus en relief ce manque de charme. Les attitudes qu’elles veulent féminines ne sont que des poses étudiées ; le sourire qu’elles veulent agréable n’est plus qu’un rictus, leur poignée de main n’est plus qu’une poigne qui vous écrase les doigts.

Les femmes intellectualisées sont froides. Leurs conversations ne sont qu’une suite de raisonnements sans grande intuition. Leur intelligence perd de l’acuité dans l’univers des psychologies vivantes.

Si la femme subit une forte empreinte masculinisante dans son art, nous la voyons présenter des côtés violents, massifs, impétueux. Elle se virilise avec son œuvre et perd le charme qui enveloppe et pénètre.

Dans la mesure où la femme épuise ses énergies pour des activités physique, intellectuelle, artistique, cette biologie humaine s’appauvrit dans ses activités physiologique et sentimentale.

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La « déféminisation » des fonctions physiologiques

La nature féminine, avons-nous dit, constitue une réserve d’énergies pour les besoins de ses fonctions physiologiques. Dès que la réserve est entamée, des troubles apparaissent. C’est ainsi qu’une femme consommant trop de force dans des orientations étrangères n’en possède plus assez pour que son activité génitale se fasse avec régularité. Très sensible sous ce point de vue, elle est très souvent déréglée par simple fatigue. Le rythme d’existence que la société actuelle lui impose, ou auquel la femme s’astreint volontairement, est une source permanente de troubles génitaux.

Il ne faut donc pas s’étonner de voir certaines épouses redouter la maternité. Leur incapacité énergétique en ce domaine les rend inaptes à pressentir une si profonde tendance dont les inconvénients leur font peur.

Nous le remarquons bien souvent, ces femmes n’ont que peu d’enfants et même paraissent stériles. Quelques-unes, surtout au début de leur vie conjugale, estiment n’avoir pas de temps à consacrer à des petits qui sont une gêne pour leurs occupations. Les précautions prises pour éviter toute maternité peuvent durer des années… jusqu’au moment où, le désir venant, l’enfant n’apparaît pas.

Il est certain que les méthodes anticonceptionnelles peuvent avoir des répercussions durables sur des organes délicats ; mais je pense qu’il peut exister une cause plus grave encore de cette stérilité. Pour que l’organisme réalise toute sa fonction physiologique, il faut de grosses quantités d’énergies. Une déviation énergétique provoquée par une activité étrangère peut maintenir dans une impuissance la fonction génésique. La femme, sans présenter aucune défectuosité physique, peut se stériliser énergétiquement.

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La « déféminisation » sentimentale

Le même phénomène d’insuffisance énergétique est très observable dans le domaine sentimental. Les femmes trop adonnées à des activités physiques, intellectuelles, artistiques présentent un véritable tarissement de leurs affections. Elles prétendent n’avoir pas le temps d’aimer. En réalité, il s’agit d’une impuissance sentimentale. Leur sensibilité profonde s’estompe en ce domaine pour devenir superficielle. Ces personnes tendent à ne fréquenter les hommes que sous l’angle du compagnonnage. Les désirs sexuels, n’étant plus alimentés par des sentiments profonds, deviennent violents, exacerbés, passagers, désaxés. Les « affections » se localisent en des moments de sensations aiguës. Après des instants d’exaltation qui frisent l’hystérie, la femme retombe à nouveau dans sa passivité sentimentale que des crispations momentanées viennent troubler. La maternité se réduit à une pure fonction physiologique qui pèse à cette nature appauvrie ; les soins à donner aux enfants agacent la « mère ». Devenus une gêne, les petits sont négligés sentimentalement et même matériellement. Pris de pitié, le père tâche tant bien que mal de pallier la carence maternelle.

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Orientations naturelles des énergies féminines

Mais si la femme évolue selon ses orientations énergétiques prédominantes, c’est-à-dire en réalisant des activités conformes à sa biologie, elle intensifie sa vitalité qui l’oriente vers un don de tout elle-même. Cette tendance est si fondamentale que les personnes déviées ou neutralisées par des occupations peu en rapport avec leur nature souffrent, l’âge venant, d’insatisfactions vitales. Il faut recevoir des confidences pour comprendre les lourdes peines qu’endurent en secret certaines femmes malgré la gloire, l’argent et les honneurs provenant de leurs anciennes prouesses physiques, de leurs savoirs, de leurs dons artistiques ! Malheureusement, au bout de quelques années de déviation, ces femmes ne peuvent plus retrouver leur équilibre féminin, même sous l’effet d’une généreuse affection masculine ou d’une maternité.

Si nous voulons une confirmation de l’orientation prédominante de cette nature, il nous faut considérer l’imagination féminine. La femme, en effet, ne rêve pas à des activités purement physiques, intellectuelles, artistiques, mais à l’amour. Elle lit avec plaisir les romans qui développent ce thème, suit avec intérêt les « revues du cœur ». Dès qu’elle est en dehors de son travail professionnel, et quelquefois pendant, elle imagine des situations où elle est la plus belle, la plus désirée, la plus adulée. Elle se voit oubliée de celui qu’elle aime, recherchée par un autre qu’elle repousse. Même lorsqu’elle est mère de famille, elle s’échappe vers des rêveries sentimentales ; toutefois, les nécessités de chaque jour la maintiennent plus près de la réalité.

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La femme en action

Laissons maintenant l’analyse des orientations dans lesquelles la nature féminine s’engage spontanément et tournons nos regards vers la femme en pleine activité. Son attitude nous offre un certain nombre de traits qui caractérisent son comportement.

Il est, tout d’abord, un fait d’observation que la femme reste difficilement en repos. Après quelques instants de détente, elle cherche à s’occuper. Elle balaie un coin de chambre, époussette un meuble, garnit un vase de fleurs, remet un peu d’ordre sur un buffet ; elle tricote volontiers en voyage, pendant une conversation, au repos.

Son besoin d’activité est si pressant que, même malade, elle ne demeure pas longtemps inactive. Il suffit de connaître la vie dans les sanatoriums pour remarquer comment la femme trouve le moyen de s’y occuper ; elle raccommode, parle, lit. Immobilisée, elle s’impatiente bien vite ; un repos absolu, sauf dans les cas exigés par la gravité du mal, n’est pas la meilleure condition offerte à cette nature pour recouvrer la santé.

Certes, il existe des personnes qui restent de longs instants sans rien faire. Mais si nous les considérons d’un peu près, nous découvrons qu’elles sont paresseuses ou malades ou épuisées par leur travail professionnel. Dans ces cas, un amoindrissement vital apparaît. Nous ne trouvons plus cette spontanéité d’action qui donne ce charme attrayant d’une vitalité prise à sa source.

Le besoin continuel de se dépenser incite les femmes qui ont des domestiques à faire faire, défaire, recommencer. Elles changent d’avis, critiquent ceci, font modifier cela. Lorsqu’elles sont responsables de quelque organisme social, elles sont portées à intervenir à tout instant. Elles désorganisent et neutralisent une part de l’activité de ceux qui travaillent sous leur direction, tout en les épuisant inutilement.

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La concentration féminine

Le besoin d’agir pousse la femme à s’intéresser à mille petites choses, à inventer des nécessités d’occupation, à fatiguer son entourage. Ces exagérations viennent d’une profonde qualité qu’a la nature féminine d’être en état de permanente disponibilité énergétique.

En outre, pendant son activité, la femme reste ouverte à son milieu. Dès qu’une sensation l’impressionne, elle tourne la tête, regarde, répond. Les hommes croient qu’il s’agit là d’une mauvaise application au travail ; ils l’accusent d’être curieuse, toujours distraite, « de ne pas être », disent-ils, « à ce qu’elle fait ». Quand on a été professeur dans divers collèges, on peut évaluer la différence entre le comportement des élèves. Les garçons, sérieux, s’enfoncent dans leur attention et restent de longs instants absorbés par l’explication du professeur. Devant une classe de jeunes filles, le professeur-homme est, de prime abord, énervé d’entendre des chuchotements, de voir toujours des têtes qui bougent, des regards qui se croisent, des sourires qui s’échangent. Agacé, il interroge une élève d’un air menaçant, assuré qu’elle n’a pas écouté, partant rien compris. L’élève répond pourtant avec assurance, ayant fort bien suivi toute l’explication. Le professeur se demande comment ces filles peuvent comprendre dans de telles conditions.

Bien souvent, l’homme, en voyant avec quelle rapidité la femme se met à l’œuvre, croit à de l’étourderie. Il la voit s’acharner à déplacer un meuble en essayant en tous sens ; si elle n’y parvient pas, le mari lui fait remarquer qu’elle aurait dû réfléchir avant d’accomplir des efforts inutiles. Évidemment, dans les activités où elle n’est pas douée naturellement pour percevoir immédiatement le sens selon lequel elle doit agir, la femme présente parfois une telle rapidité d’engagement qu’elle donne l’impression de précipitation. Mais, lorsque son action se déroule dans un domaine où son intelligence de femme lui fournit une justesse et une sûreté de vue, elle est capable de répondre à un besoin par un acte instantané. La femme réalise alors une parfaite harmonie entre sa vision d’intelligence, sa capacité de mise en action immédiate et les nécessités de l’heure. Regardons-la pendant qu’elle s’occupe d’un enfant, d’un malade, d’un vieillard : elle a le geste, la parole, le sourire juste au moment convenable pour apaiser, encourager, suggérer. Sa permanente disponibilité d’énergies rend la femme capable d’agir en fonction d’une vitalité humaine mobile, changeante, aux réactions imprévisibles.

Cette nature si généreuse en libérations énergétiques s’adapte avec souplesse et rapidité à des occupations les plus diverses. La femme arrive même à réaliser plusieurs activités simultanément. Elle répond aux clients, écoute sa collègue, fait la facture… Nous remarquons avec quelle aisance elle passe d’une occupation à une autre, revient à la première, entreprend une troisième. Elle donne l’impression d’une facilité que l’homme considère souvent comme de la légèreté.

Besoin permanent d’agir, ouverture de la femme à son milieu, rapidité de la mise en action, adaptation souple, telles sont les caractéristiques fondamentales de la nature féminine en pleine activité.

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Dominance des libérations spontanée et réactive de l’énergie féminine

Ces caractéristiques proviennent de la nette prédominance des libérations spontanée et réactive sur la libération à tension interne.

Observons les mères de famille, les jardinières d’enfants, les religieuses, les infirmières. Suivons ces dernières pendant quelques heures et nous comprendrons tout de suite cette extraordinaire activité féminine ; ces femmes donnent des soins multiples et variés, suivent les médecins dans leurs visites, s’empressent auprès des grands malades. Nous pourrions penser peut-être qu’il s’agit d’une accoutumance. Certes, l’habitude rend plus facile l’exécution d’une tâche ; mais considérons deux infirmières qui travaillent dans le même service : l’une aime ses malades et, par conséquent, est aimée d’eux ; l’autre est une infirmière salariée qui fait son métier pour gagner sa vie ; aucune sympathie ne s’établit entre elle et les patients. La première est infatigable, tandis que la seconde, épuisée à mi-journée, se traîne péniblement l’après-midi. Croyons-nous peut-être que cette profession ne lui plaît guère ? Pourtant elle y a rêvé et ne voudrait pas l’abandonner ; elle se montre fière d’être infirmière, mais n’ayant pas créé les conditions indispensables à une forte réactivité féminine, elle n’a que de faibles libérations énergétiques.

Quand une femme se livre à une activité qui ne comporte pas comme but immédiat une vitalité humaine qu’elle affectionne, elle essaie de s’accrocher à un être qui puisse provoquer en elle cette libération réactive. Elle travaille mieux lorsqu’elle aime son professeur ; elle est capable de s’enfermer dans un laboratoire pour collaborer avec son mari ; elle recherche l’amitié d’un collègue ou d’un patron pour se sentir soutenue. Si l’être qui l’estime ou l’aime disparaît, elle perd du goût pour ce qui semblait pourtant si bien en harmonie avec son tempérament ; elle trouve ternes ses anciennes occupations, à moins qu’elle ne rencontre une autre personne qui s’intéresse à son travail, s’entretienne avec elle et la stimule par son affection.

Si aucune tendresse humaine ne pénètre cette psychologie, la femme accomplit ses occupations sans intérêt, sans enthousiasme, parce que sans réactivité suffisante. Elle est alors obligée de se tendre, ce qui finit par la crisper, la durcir et la décourager. Les femmes qui vivent seules, sans activité directement humaine, ont souvent les traits tirés, la bouche amère, les réactions sèches. Une crispation psychique permanente les rend acariâtres. Insatisfaites, elles jalousent les autres. Cette envie se manifeste par des critiques acerbes, intransigeantes et sans nuance. La même attitude apparaît chez les femmes qui, vivant en famille, ont des activités qui les détournent des vitalités concrètes. Malgré leur existence familiale, elles ont plus de soucis que d’affection véritable ; plus tardivement insatisfaites, elles n’en sont pas moins dans la tendance des aigries et des découragées. Leur tension continuelle diminue leur souplesse, leur délicatesse et leur tendresse féminines. Ces femmes ne sont plus harmonieusement humaines. Quelques-unes s’alourdissent en allure masculine qui ne leur donne pas les qualités de l’homme, mais leur fait perdre celles de la femme.

En revanche, c’est dans un généreux don d’amour que la nature féminine réalise ses plus grandes capacités actives. Stimulée par une profonde affection, la femme s’épanouit en maintenant son équilibre biologique.

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