Amour : femme

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Différentes natures amoureuses

La femme est considérée comme un être essentiellement d’amour. Mais cette conception qui devrait contenir aux yeux de tous la plus profonde des grandeurs humaines, est quelquefois réduite à une certaine idée de jouissance sexuelle ou à l’opinion simpliste d’une fonction reproductrice.

Il n’est donc pas surprenant de constater des réactions de défense de la part des femmes qui n’acceptent pas, à juste titre, d’être évaluées sous cet angle vulgaire.

Toutefois, ces réactions apparaissent différentes selon que les femmes sont d’une plus ou moins grande valeur humaine.

Quelques-unes, déféminisées, prétendent se libérer de leur nature amoureuse ; pour y parvenir, elles agissent en homme, s’adonnent à des activités où les sentiments n’ont aucune place, conçoivent la vie conjugale comme un compagnonnage, esquivent toute maternité ou se libèrent de leurs enfants en les confiant aux autres.

Certaines gaspillent leurs énergies sentimentales au gré des circonstances. Leur sensibilité amoureuse devient peu à peu superficielle en se réduisant à de pures sensations sexuelles. Il en résulte que leurs relations sont instables, momentanées et sans grande profondeur humaine ; après une existence parsemée d’aventures sentimentales, ces personnes finissent, en général, leur existence dans la solitude.

Mais les femmes de forte personnalité refusent de se déféminiser ou de se dévoyer. Elles veulent réaliser pleinement un don total d’elles-mêmes. Aussi éveillent-elles, par cet acte généreux, le respect et l’admiration.

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Susciter l’attention masculine

Suivons la fillette dans son évolution : nous voyons poindre en elle un vif désir d’attirer l’attention de son entourage ; elle rôde autour des grandes personnes dont elle voudrait être remarquée ; tout heureuse de montrer sa robe neuve, ses jolis souliers, son petit bracelet, elle cherche à glaner quelque compliment flatteur.

À un certain âge, les filles se préoccupent d’attirer le regard des garçons. Lorsqu’elles circulent en groupe, elles parlent fort à l’approche des jeunes gens. S’excitant les unes les autres, elles jouent « aux émotives », tout en glissant discrètement un coup d’œil pour se rendre compte si elles sont vues. Quand les garçons ne prêtent pas attention, elles se calment et continuent leur chemin. Dans le cas contraire elles poursuivent leurs taquineries en poussant des exclamations qu’avec maladresse les jeunes gens tâchent d’imiter. Alors elles se donnent l’allure d’indifférence ou veulent paraître importunées.

La tendance à susciter l’attention masculine se prolonge durant presque toute l’existence sous des formes plus ou moins discrètes.

Or, le facteur le plus important de cette attirance réside dans la beauté physique. Aussi la femme soigne-t-elle son visage, ses mains, ses cheveux ; elle veille à son maintien, à ses gestes, à sa voix ; elle se préoccupe constamment de sa toilette. L’aspect extérieur est pour elle un souci constant ; chez elle, au restaurant, en voyage, elle arrange sa coiffure, se farde, ajuste ses vêtements ; à maintes reprises, elle s’examine dans le miroir ; passant devant les magasins, elle épie sa silhouette dans quelque reflet de vitrine.

Il est certain que la recherche de la beauté dépasse la simple intention d’attirer le regard des hommes. Mais il n’en reste pas moins vrai que la femme, durant une longue période de son existence, est flattée de pouvoir provoquer sur la sensibilité masculine une impression agréable qui suscite un désir de rapprochement ; elle est heureuse de se sentir regardée, convoitée, peut-être secrètement aimée.

Cette tendance féminine éveille parmi les femmes une véritable concurrence : qui obtiendra le plus de suffrages masculins ? Des rivalités naissent et font surgir des critiques acerbes. Les femmes, en effet, s’entendent à merveille pour décrier la robe de celle-ci, le chapeau de celle-là…, tandis que la personne jalousée prend un malin plaisir à évoluer sous le regard des envieuses.

Lorsque le désir d’attirer le regard de l’homme perd de sa discrétion, la femme s’ingénie par tous les moyens à se faire remarquer. Elle n’hésite pas à prendre une tenue indécente ou à s’affubler d’un travestissement masculin. Que lui importe la beauté pourvu qu’elle soit remarquée I Son manque de finesse ne lui permet pas de percevoir dans le regard des hommes des appréciations méprisantes. À leur tour, les femmes délicates se révoltent en face de cette indécence ou de cet accoutrement ; leur réaction n’est pas, comme l’imaginent certains esprits superficiels, un comportement d’une pudeur étriquée ou d’une jalousie mal contenue, mais une attitude de défense contre l’avilissement du sexe féminin.

Le besoin de susciter l’attention masculine est inné chez la femme. Parfois une éducation mal comprise étouffe cette tendance naturelle. La jeune fille devient craintive, terne, sans attrait. Elle s’interdit comme une faute toute toilette et toute attitude qui pourraient provoquer chez l’homme une attirance.

L’insuffisance de féminité est actuellement une question moins d’une fausse éducation que d’un épuisement de la jeune fille dans des fonctions peu féminines. Nous remarquons, en effet, une baisse notable du désir d’attirer l’homme chez les femmes qui s’adonnent à des activités masculines.

La femme profondément féminine présente d’une façon discrète mais réelle cette tendance à susciter l’attention de l’homme. Ce désir ne se manifeste pas seulement sous l’aspect d’une beauté physique ; il se révèle aussi dans une chaleur sentimentale qui perce à travers le comportement. La femme laisse poindre sa vie intime qui devient alors aux yeux de l’homme la véritable source d’une profonde attirance.

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Attirée par la virilité

À son tour, la femme est impressionnée par la beauté masculine. Toutefois, celle-ci ne réside pas forcément dans la régularité des traits du visage, dans la pureté des lignes du corps, dans le développement de la musculature. Certes, ces éléments interviennent pour émouvoir la sensibilité féminine. Cette impression agréable peut être encore rehaussée par l’élégance des costumes ou le chatoiement des uniformes.

Mais tout cet extérieur n’a de consistance que s’il reflète une authentique valeur de virilité. Bien plus, lorsque l’individu ne présente qu’une apparence, la femme est rebutée en face de ce vide ; elle éprouve une impression de fausseté. Ce qu’elle désire, c’est de pouvoir prendre un contact intime avec une puissance masculine.

Ce n’est pas une recherche de la force pour la force ; la femme ne s’émerveille pas devant la brute, mais elle admire la force maîtrisée. Elle est instinctivement attirée par l’homme qui domine ses propres énergies ; elle se sent alors en sécurité auprès de celui qu’elle admire ; elle rêve de s’abandonner à sa puissance.

Aussi son intuition féminine l’incite-t-elle à dépasser l’aspect extérieur pour estimer la valeur intime de l’individu. Il ne s’agit pas seulement d’une estimation de force physique, mais de toute intensité vitale, que celle-ci se réalise sur un plan physique, intellectuel, artistique ou social. C’est cette force intérieure qui est en définitive le facteur qui impressionne le plus la femme.

Nous comprenons donc mieux pourquoi l’extérieur d’un individu est en réalité un élément secondaire, quoique important. La femme préfère un physique moins beau, mais une virilité plus ferme ; elle est donc plus sensible aux gestes, au regard, au comportement qui traduisent l’énergie, qu’à un beau physique sans vitalité.

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Provoquer pour être choisie

Son impressionnabilité reste, toutefois, inférieure à la tendance qui l’incite à provoquer l’attention masculine. Nous pouvons remarquer, en effet, quel art déploie la femme pour éveiller des impressions agréables qui font réagir favorablement l’homme. Cette attitude provocatrice la place dans une position d’attente ; la femme espère que l’homme viendra au-devant d’elle pour la choisir.

Car la jeune fille, à un certain moment de son évolution, sent monter du plus profond d’elle-même une exigence d’affection extra-familiale. Elle commence à rêver, à imaginer, à espérer. Les conversations, les lectures, les films sont pour elle autant d’occasions d’entretenir une nouvelle tendance sentimentale qui n’a pas encore trouvé sa réalisation.

La femme a besoin de se sentir désirée, cajolée, protégée, aimée. Elle voudrait avoir un homme sur qui elle puisse s’appuyer, et à qui elle puisse se livrer totalement. Elle rêve de quelqu’un qui soit à elle, rien qu’à elle, qui s’intéresse à ses moindres gestes, et pour qui elle soit tout. Ce n’est pas un compagnonnage qu’elle désire, mais une profonde complétude vitale qui intensifie sa vie sentimentale jusqu’aux joies les plus intimes.

En effet, la prédominance de la sentimentalité exige de la femme le don d’elle-même. Qu’il s’agisse d’une vocation particulière en dehors d’un foyer ou d’une existence conjugale, la femme n’atteint son plein épanouissement que dans une intense activité sentimentale. Elle est par nature dévouement, tendresse, bonté, affection.

Celle qui rêve de mariage s’inquiète lorsque les années passent et qu’elle ne rencontre pas le jeune homme qui pourrait lui donner la possibilité de vivre entièrement sa vie de femme ; l’attente qui se prolonge la rend instable, nerveuse, irritable. La jeune fille s’impatiente, se révolte, pleure, se durcit. Repliée sur elle-même, elle finit par reporter toute sa tendresse sur quelques animaux qu’elle élève avec un soin jaloux.

La tendance à une généreuse sentimentalité peut être étouffée chez la jeune fille. Nous voyons des parents si attentifs auprès de leur enfant que celle-ci devient de plus en plus égoïste. Au lieu de s’épanouir dans un don d’elle même, elle s’enferme dans un individualisme qui la rend inapte à une profonde affection. Pour elle le mariage est une corvée ou une situation dans laquelle elle espère rester la petite reine exigeante.

Une autre cause du tarissement de ce besoin d’aimer se trouve dans l’épuisement de la femme adonnée à des activités peu féminines. Certains travaux physiques, intellectuels, artistiques appauvrissent les sentiments de la jeune fille. Celle-ci prétend souvent qu’elle n’a pas le temps de « s’occuper d’amour » . Un examen attentif montre simplement qu’elle est incapable de sentimentalité profonde.

Il ne s’agit pas d’un manque de temps, mais d’une incapacité qui maintient cette vitalité féminine dans un état amorphe. Cependant, les années passent et cette nature déviée réagit violemment sous forme de sentimentalisme passager et de désirs sexuels exacerbés. Elle est alors désharmonisée en elle-même ; le mariage et la maternité ne suffisent plus à rééquilibrer une biologie maintenue trop longtemps hors de sa ligne naturelle. Insatisfaite, la femme est partiellement féminine, difficilement épouse et incomplètement mère.

Pour qu’une femme puisse prétendre à quelque bonheur humain, elle doit avant tout prendre un soin constant de toute sa nature féminine en respectant les caractéristiques fondamentales de son sexe. Sans une telle précaution, elle devient inapte à réaliser une intimité avec une vitalité masculine.

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Du sentimental au sexuel

Lorsqu’une femme entre en contact psychique avec un homme, elle subit une transformation intérieure qui se réalise selon des rythmes très variés. Nous notons encore ici tous les intermédiaires qui vont d’une lente pénétration jusqu’au coup de foudre.

En effet, la femme ne se rend pas toujours bien compte du changement qui se produit en elle sous l’effet d’une présence masculine. Progressivement, elle passe d’une simple sympathie à l’admiration, de l’admiration à l’amour. Elle qui considérait comme assez indifférente la présence d’un homme s’aperçoit à un certain moment qu’elle se sent à l’aise, épanouie, heureuse auprès de lui ; une absence de cet homme peut être pour elle l’occasion de prendre conscience de cette affection qui s’était infiltrée insensiblement.

Parfois, la femme subit un choc violent en face d’un homme qui fait sur elle une forte et profonde impression. Bouleversée, elle éprouve des sentiments de tendresse, de crainte, de générosité, d’hésitation. Troublée au plus intime d’elle-même, elle a besoin d’un temps pour reprendre son équilibre.

À l’analyse, ces divers états psychiques révèlent, chez la femme normale, une nette prédominance de la sentimentalité sur la sexualité. Ce que désire avant tout la femme, c’est pouvoir vivre intensément, violemment parfois, des sentiments d’affection, de crainte, d’espérance, de doute, de jalousie, d’attente, de fierté, de confiance. Pour accroître sa vie sentimentale, elle demande de retarder l’union définitive qui risque, craint-elle, de diminuer le développement des sentiments.

Elle veut aussi avoir du temps pour atteindre une suffisante vibration sentimentale qui l’achemine au don physique. En effet, la femme qui n’est pas hystérique éprouve de la répugnance à l’égard d’une sexualité dépourvue de sentiments. Il est faux de croire qu’elle redoute de se donner physiquement ; mais elle ne peut accomplir son don corporel que si elle éprouve une profonde affection pour celui à qui elle témoigne sa plus intime tendresse.

Aussi commet-on une erreur grave en « sermonnant scientifiquement » les jeunes filles pour qu’elles n’aient pas peur de l’acte sexuel ; on ignore ou on oublie que cette crainte existe dans une psychologie de femme normale. Ce mouvement de recul n’est pas un signe de défectuosité psychique, mais la manifestation d’un ordre biologique à savoir la priorité de la sentimentalité sur la sexualité.

Trop souvent l’on tente d’imposer à la femme le rythme biologique de l’homme. Alors que celui-ci va du sexuel au sentimental, la femme va du sentimental au sexuel. Vouloir l’inciter à imiter l’homme, c’est violer cette nature humaine dans sa vitalité la plus intime.

Il est un fait d’observation que les femmes à qui on a prêché la non-crainte de la sexualité, aboutissent à des attitudes de jouisseuses sexuelles. Leur don physique se vide de sentimentalité pour ne devenir qu’une occasion de sensations superficielles et fugitives. Ces femmes se trouvent alors sur le chemin de l’hystérie qui est une inversion biologique, c’est-à-dire une prédominance du sexuel sur le sentimental.

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Peur de ne plus séduire

Dès que la femme rencontre l’homme avec qui elle espère se réaliser totalement, elle éprouve une impression d’apaisement. Après un certain moment d’attente, elle pouvait se demander si l’existence allait lui fournir l’occasion de vivre une intimité humaine. Après un temps d’espoir et d’angoisse, elle voit son « rêve » s’accomplir.

Durant l’attente, l’imagination a brodé toute une existence d’amour sous des aspects les plus féeriques. Malgré les images les plus factices, les plus fantaisistes, les plus fortuites, la jeune fille est restée près de la source sentimentale de sa vitalité intime. Le jeune homme qu’elle aime n’est peut-être pas tel qu’elle l’avait imaginé. Il n’en reste pas moins vrai que l’homme de la réalité lui offre, par sa nature masculine, tout un nouvel apport de vitalité humaine qui stimule, éveille, crée en elle des sentiments qu’elle avait rêvé de vivre. Elle peut donc dire, non selon son imagination mais selon son cœur, que son rêve se réalise.

Mais, après une période de joie intense, la femme se pose le grave problème de son avenir sentimental. Pourra-t-elle vivre intimement avec celui qui vient au-devant d’elle ?

Nous voyons souvent poindre, en effet, dans la psychologie féminine, une nuance d’inquiétude qui peut aller jusqu’à l’angoisse. La femme, par sa capacité d’intuition, découvre chez l’homme qu’elle commence à aimer des côtés qui lui plaisent et d’autres qui l’inquiètent.

Elle étudie les plus petites réactions, soupèse les moindres paroles, cherche à comprendre les attitudes les plus insignifiantes. Sans arrêt elle coordonne tous ses renseignements, vérifie le bien-fondé de ses observations en posant des questions, en prenant des attitudes personnelles qui obligent l’homme à dévoiler son comportement particulier. C’est ainsi qu’elle se fait attendre au rendez-vous, interrompt de temps en temps la correspondance, affecte de l’indifférence…, tout en surveillant les mouvements d’inquiétude que l’homme manifeste à son égard.

Ce comportement instinctif de la femme n’est pas un simple jeu capricieux ; il est aussi une possibilité de découvrir une nature particulière d’homme tout en créant des occasions d’intensifier la sentimentalité masculine. L’homme, en effet, est instinctivement porté à se tendre devant les obstacles ; il accroît ainsi ses sentiments ; son amour s’approfondit avec les difficultés.

Malgré les inquiétudes, la femme espère parvenir à modeler la psychologie masculine à son gré ; elle croit pouvoir améliorer l’homme, le rendre plus affectueux, plus ouvert, plus humain. Elle voit en lui d’immenses possibilités. L’avenir lui apparaît plein de promesses de bonheur. La femme aime dans l’espérance.

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