Volonté : homme et femme

Les heurts et les harmonies entre volonté masculine et volonté féminine sont surtout visibles dans le foyer. Les étroites dépendances réciproques d’une vie commune ne peuvent que resserrer les relations entre ces deux volontés humaines.

Mais le désir égoïste d’indépendance de certains conjoints cause des dislocations sentimentales. Il achemine les époux vers l’individualisme qui transforme le foyer en une auberge ou le détruit définitivement.

Si l’homme et la femme ont le savoir et le courage de vivre totalement leurs propres natures en les accordant entre elles, l’indépendance individualiste s’estompe pour permettre une véritable liberté qui est le fruit d’une volonté commune.

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L’époux a besoin de stabilité

Pour vivre avec une femme, l’homme a besoin d’une certaine stabilité psychique lui permettant de réaliser un effort intérieur. II est dans la nécessité de prévoir son activité, de l’ordonner et de la maintenir selon un plan établi. Il tend par conséquent vers un certain comportement discipliné.

Une telle exigence peut engendrer chez des individus une véritable manie de réglementation. Le lever, le coucher, les repas, les heures de travail, les moments de distractions sont déterminés à l’avance avec précision. Toute la famille doit se soumettre à cette prescription sous peine de sévères remontrances.

Cette déformation, plus accentuée à une époque où les hommes faisaient lourdement peser leur autorité, n’est pas la caractéristique actuelle. Toutefois, la tendance masculine à stabiliser la vie communautaire autour de certains points assez précis reste une nécessité ; elle permet à ceux qui vivent côte à côte d’harmoniser leur comportement individuel en vue de l’intérêt commun et du respect de chacun.

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L’épouse préfère la liberté de mouvement

Cependant, la femme ne comprend pas toujours cette utilité. Plus spontanée et plus réactive, elle se sent gênée et quelquefois contrainte dans sa mobilité individuelle. En général, elle préfère une certaine liberté de mouvements au sein de la vie familiale.

Quand l’homme fait une remarque au sujet d’un manque de ponctualité dans l’existence commune, l’épouse se froisse et n’est pas loin de se croire redevenue l’esclave des temps anciens ; elle se révolte et accuse son mari de lui commander comme à une bonne. La tension entre conjoints peut s’aggraver. L’un et l’autre s’entêtent parfois. Des heurts douloureux surgissent et peuvent aboutir à la soumission de l’un des époux ou à la destruction de la vie conjugale.

Si l’homme réagit violemment en face de sa femme, il peut parvenir à lui imposer son autorité d’une façon absolue ; il n’admet plus de réplique ; il commande, ordonne, exige. En face de cette autorité qui n’est pas toujours le signe d’une authentique volonté, l’épouse se tait, se plie, s’exécute. Si elle désire obtenir quelque satisfaction, elle ne sait comment expliquer à son mari ce qu’elle croit être indispensable au bien de la communauté familiale. Elle voudrait le convaincre, mais l’exigence masculine n’est pas toujours très souple et l’épouse risque de n’exister qu’à l’ombre du vouloir de l’homme.

Pour parvenir à ses fins, parfois impérieuses, la femme est quelquefois réduite à mentir, à dissimuler sa pensée, à cacher même de l’argent. Ainsi l’homme pousse sa femme à mener un double jeu dont il peut, un jour, être lui-même la principale victime, et cela, après avoir fait atrocement souffrir celle qui avait eu le généreux dessein de vivre totalement pour lui.

Mais l’observation sur une grande échelle permet de constater que ces excès masculins sont devenus rares de nos jours. On remarque actuellement que l’homme a une tendance à se soumettre aux « volontés » de la femme.

Il suffit d’être au courant de l’évolution de la vie des familles pour découvrir que la volonté masculine est, à l’heure actuelle, éliminée d’un très grand nombre de foyers. Désireux d’être délicat, compréhensif, humain, le mari cherche à plaire à son épouse qui manifeste ses insatisfactions par des bouderies, des pleurs, des cris. Pour avoir la paix, il cède une fois, deux fois, et finalement toujours, à moins qu’il ne quitte définitivement la vie en commun.

S’appuyant sur l’histoire, plus ou moins véridique, de la condition de la femme, l’épouse n’admet aucune remarque de la part de l’homme, parce qu’elle ne tient pas, dit-elle, à retomber en esclavage, comme si elle incarnait la femme depuis l’apparition de l’être humain sur terre ; et l’homme, pour ne pas être le tyran légendaire, préfère paraître « compréhensif »… Il aboutit à la veulerie.

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Parents excessifs dans leur volonté

Quand il y a des enfants dans le foyer, les deux attitudes extrêmes, soit de l’homme, soit de la femme, ont de graves répercussions sur l’éducation.

Si la volonté masculine réglemente l’existence familiale avec trop de rigidité, les enfants sont exposés à ne pas s’épanouir dans leurs natures spontanées. Embrigadés, ils ne peuvent que, ou plier sous cette domination qui étouffe toute volonté naissante, ou se révolter contre cette main-mise absolue. Il arrive, en effet, que le père n’admette aucun changement à une réglementation décrétée une fois pour toutes. II n’accepte pas de prendre en considération certaines circonstances atténuantes qui expliquent des manquements « au règlement ». La mère qui essaie d’intervenir pour obtenir quelques concessions est aussi brutalement « remise à sa place ». C’est ce qui a été décidé, donc… il fallait s’y tenir.

En revanche, si la femme étend sa toute-puissance sur la famille, les enfants sont soustraits à l’autorité paternelle. L’épouse s’appuie, quelquefois, sur la jeunesse, la fragilité, la maladie vraie ou supposée de l’enfant, pour éliminer peu à peu la volonté du mari. Dès que le père tente une remarque, la mère prend, sur-le-champ, le parti de l’enfant. Sans se soucier de la véritable éducation, elle s’emporte et affirme, devant le petit, que celui-ci est trop jeune, qu’il ne comprend pas encore, qu’il est si délicat qu’il faut éviter de le contrarier et faire naître chez lui quelque « vilain complexe ».

Si le père insiste en face des caprices, des fautes, de la paresse du petit, la mère crie de plus belle, prend des crises de nerfs plus ou moins factices. L’homme se voit alors pris dans un dilemme : ou insister et transformer en existence infernale cette vie commune ou ne plus intervenir. C’est souvent la seconde solution qu’il choisit, d’autant que son enfant est dressé contre lui.

II serait incomplet de ne pas faire remarquer que certaines femmes contre leur gré sont obligées, dans leur famille, de tenir à la fois le rôle de mère et celui de père. Quelques maris, pour jouir d’une tranquillité égoïste, laissent toute la responsabilité du foyer à leurs épouses. Les décisions leur font peur, les problèmes de l’éducation les agacent, les difficultés pécuniaires les importunent. Aussi donnent-ils carte blanche à leurs femmes qui doivent tout apprécier, tout décider.

Par suite de ce refus de l’homme d’exercer sa volonté, la femme encourt le danger de ne pas pouvoir être affectueusement épouse et tendrement mère. Obligée d’être sévère vis-à-vis des enfants qui sentent l’absence d’une autorité paternelle, elle ne peut leur témoigner la tendresse, si nécessaire à une bonne éducation. Parfois, le père, faussement indulgent, attire à lui l’affection des enfants au détriment de la mère qui passe pour un être dur et sans cœur.

Pour savoir si telle est bien la situation exacte dans les familles, il faut les connaître de longue date ; car la femme qui évince le père est persuadée que son époux a été un incapable dès le début du mariage. Elle proclame bien haut qu’elle a dû lutter seule contre vents et marées. Mais si on a bien observé l’évolution de la vie familiale, il n’est pas toujours difficile d’y découvrir une élimination systématique de la volonté de l’homme.

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Vers une compréhension des volontés respectives

Ces incompatibilités ne sont pas toujours la conséquence d’une démission ou d’un empiètement d’un conjoint. Elles résultent parfois d’une mauvaise compréhension des formes différentes de ces deux volontés humaines.

Nous avons dit que la volonté masculine se réalise dans une attitude rigide ; se basant sur un principe choisi, l’individu y prend appui pour imposer de l’extérieur sa décision. Il en découle nécessairement que l’homme change peu aisément son vouloir.

Certaines femmes pensent qu’il s’agit d’une attitude de despote. Elles croient même que l’homme veut se faire prier comme un tyran pour concéder une faveur selon son bon plaisir.

Une telle opinion dénote une incompréhension de la psychologie masculine. Si certains cas peuvent donner raison à cette interprétation, en général l’homme n’aime pas être supplié. La maladresse féminine provoque souvent une impatience de la part de l’homme qui ne veut même plus écouter. Quelques femmes prennent un délicieux plaisir à implorer leurs époux par des cajoleries, des bouderies feintes, des baisers. Cette attitude peut charmer momentanément un amant, mais rebute souvent un mari.

L’homme accepte, en effet, de bon gré d’harmoniser son vouloir avec celui de son épouse à la condition qu’elle lui laisse le temps nécessaire pour qu’il puisse re-structurer sa pensée. Il a besoin de considérer à nouveau le problème pour être convaincu. Sans cette conviction, il ne peut que concéder  ; la femme sent alors une véritable « aumône » qui la révolte.

La vision d’intelligence ne suffit pas pour que l’homme veuille avec force. Sa psychologie lente ne s’adapte pas immédiatement à la nouvelle perspective envisagée. Il éprouve des répugnances dont il ignore l’origine, la valeur, l’importance. Il lui arrive de saisir la nécessité d’une décision, mais de se trouver en même temps incapable de la prendre. Malgré sa bonne intention, il est paralysé en lui-même par des résistances psychiques.

Si la femme est féminine, elle connaît la sensibilité de son mari, en découvre les défauts, en sonde les qualités. Avec un délicat doigté, elle indique l’importance du problème, lui fait prendre conscience des répugnances psychiques, lui montre le peu de valeur de certains préjugés. Elle assouplit ainsi cette volonté masculine sans la détruire. Certes, une telle intervention suscite un petit mouvement d’agacement, car elle fait sortir cette psychologie masculine de sa quiétude. Mais l’homme loyal admet le bien-fondé de la remarque. Il en résulte que sous l’influence de la volonté de la femme, la psychologie masculine s’achemine vers une nouvelle décision. L’homme devient alors capable de vouloir pleinement en union intime avec son épouse.

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Déviations observées d’une volonté extérieure de l’épouse sur l’époux

Quand des femmes imposent aux hommes leur volonté de l’extérieur, elles provoquent chez les êtres virils un mouvement de défense. Quelques-unes se figurent que cette réaction provient essentiellement d’un orgueil. L’homme ne doit-il pas paraître commander ? N’a-t-il pas sa « dignité » en jeu ?

La critique perd tout sens devant une observation sérieuse. Que certains individus, surtout ceux qui n’ont pas de volonté authentique, jouent « aux volontés fortes » en n’admettant aucune réplique : c’est vrai. Mais ce travers n’est pas la caractéristique d’une volonté masculine. L’homme a moins besoin de « paraître » que la femme. Il veut se réaliser selon sa nature sans se préoccuper de l’opinion d’autrui.

L’attitude de défense, d’autant plus véhémente que l’individu est plus viril, provient d’une violation de la nature masculine. Exiger d’un homme une nouvelle décision immédiate, c’est provoquer un malaise qui peut aller jusqu’à la souffrance. Le trouble s’installe dans cette vitalité structurée ; l’individu est désorienté. II ne peut que rejeter la pression extérieure ou se soumettre sans vouloir réellement.

Il en est autrement sous le commandement d’un autre homme. Les deux psychologies ont un rythme et une stabilité qui permettent aux deux natures d’évoluer sans heurts psychiques. Seules des conceptions différentes peuvent s’affronter et détruire non les volontés mais l’entente.

Le trouble dont souffre l’homme sous un commandement de femme se double d’une répugnance en face de cette nature féminine si peu en harmonie avec elle-même. En effet, la femme qui adopte une volonté d’extériorité viole sa vitalité qui est une puissance d’intériorité. Cette attitude de commandement comporte des inconvénients moins graves si le subordonné n’est pas l’époux. Elle est néfaste dans la vie conjugale. En effet, les relations psychiques du mariage placent la femme au sein d’une psychologie masculine. C’est à l’intérieur de cette vie que l’épouse exerce son influence. L’homme lui laisse la possibilité d’intervenir. Si la femme quitte cette position intime pour imposer de l’extérieur son autorité, elle brise les rapports entre conjoints. Le mari éprouve un malaise qui se transforme en dégoût. II n’accepte pas cette nouvelle relation qui n’est pas celle d’une intimité affectueuse. L’épouse détruit les rapports biologiques d’une profonde union.

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De l’influence à l’emprise de l’épouse sur son époux

Plus une femme vit intimement avec un homme, plus son influence est profonde ; mais plus redoutable est aussi son emprise. Nous remarquons des hommes devenus sans volonté sous l’autorité de femmes qui ont su s’insinuer et se maintenir dans ces psychologies masculines. Par des paroles de doute, par des suggestions, par des sentiments entretenus, elles sont parvenues à réduire ces individus à leur merci.

La destruction de la volonté masculine commence souvent par la forte impression que la femme produit sur la sensibilité de l’homme et spécialement sur la sensibilité sexuelle. L’individu est soudain subjugué. Il perd le contrôle de lui-même. Profitant de ce désarroi, la femme modifie à son gré le comportement de l’individu qui devient un jouet entre ses mains. Pour maintenir cette emprise elle dose adroitement les sensations qu’elle fait éprouver. Sous cette main-mise tyrannique mais éphémère, l’homme devient esclave avec plaisir. Parfois, il possède encore assez de lucidité pour comprendre sa situation avilissante. Il voudrait se dégager de cette domination, mais empêtré dans un réseau de sentiments, de sensations, de compromissions, il se sent garrotté. Dans un effort pour rompre les liens, il se débat comme un impuissant. Avec des sursauts de défense, il se retourne, quelquefois, contre celle qui l’a soumis ; sa violence peut le conduire jusqu’au crime.

N’oublions pas qu’un homme de volonté qui impose son autorité peut, par ses excès, provoquer des attitudes de défense ; mais il ne suscite pas de dégoût. La femme se protège contre un vouloir masculin qui s’exerce avec trop d’intransigeance ; elle se révolte même, mais elle n’éprouve pas cette impression d’écœurement qu’elle ressent, en revanche, devant un individu qui s’appuie de tout son poids sur elle et qui ne sait vouloir que ce qu’elle a décidé. Ayant souvent abusé de son influence qu’elle considérait comme une heureuse aubaine, la femme se trouve ensuite avec un individu qui ne lui est d’aucun secours. Elle se voit seule devant les responsabilités de l’existence. Certaines épouses cinglent, en public, par des paroles ironiques, des maris qui n’ont plus la force suffisante pour réagir. Elles racontent sans pudeur les décisions qu’elles ont prises, les démarches qu’elles ont faites… ; avec l’âge et les difficultés de la vie, elles ont l’impression d’une incertitude qui augmente comme le mépris qu’elles éprouvent pour leurs maris. Certaines finissent par quitter leur foyer pour se mettre sous la protection d’hommes capables de volonté ferme.

L’époux, de son côté, peut se défendre contre une volonté de femme qui s’infiltre dans sa psychologie masculine. Il s’en méfie même et cherche à s’en protéger par une attitude bourrue ; il ne veut pas écouter de peur de céder à quelque sentiment tendre.

Mais, bien que certains abus puissent découler de sa trop grande complaisance, l’homme n’est pas révolté en face de l’emprise qu’exerce une femme au sein même de sa vitalité masculine. Bien plus, il aime devenir faible par affection. C’est pour lui un agréable plaisir de se laisser fléchir.

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Une nécessaire générosité conjugale

L’adaptation réciproque de deux volontés humaines nécessite une intelligente générosité. Sans cela, les individualités s’entrechoquent sans créer une communauté. Chaque conjoint réclame la possibilité de faire comme bon lui semble, sans se gêner, sans accepter la moindre remontrance, sans respecter la liberté de l’autre. On espère trouver la solution en établissant une coexistence basée sur un certain « pacte » selon lequel chacun essaie de vivre avec le plus d’indépendance possible. Ces concessions sont octroyées avec si peu d’amour véritable que les reproches, les plaintes, les rappels de ces « générosités »sont les conséquences d’une entente concédée. Les heurts, les tiraillements, les insatisfactions alourdissent l’atmosphère. Chaque époux se croit victime de cette situation conjugale. Des pleurs, des cris, des bouderies, des pardons mutuels laissent la place au bout d’un certain temps à un mode d’existence auquel les conjoints se soumettent puisqu’ils sont mariés et qu’ils ont des enfants… ; quelquefois, après des promesses sincèrement prononcées sous le serment de « toujours », ils se séparent sous le poids de souffrances qui les brisent.

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Vers une volonté commune

Si, au contraire, chaque conjoint apporte son authentique volonté, l’harmonie devient alors possible.

L’homme sait prendre sa responsabilité en imposant un certain cadre basé sur des principes coordinateurs. Une fermeté et même, à l’occasion, une sévérité obligent les uns et les autres à se discipliner. Chacun se sait tenu à maîtriser son comportement en fonction du bien général et du respect individuel. Tous sont soumis à cette obligation : le père, la mère et les enfants. L’homme ne fait que prendre une meilleure conscience de ce côté de la vie familiale ; il s’en fait une idée nette, la communique aux autres et en garantit le respect.

Seulement, il compte sur sa femme pour que cette volonté masculine soit mieux adaptée à la vie concrète. Les circonstances de chaque jour ne permettent pas, d’une façon générale, une application stricte des principes même les meilleurs. Il faut un assouplissement et une interprétation juste de l’autorité paternelle. La volonté nuancée de la femme devient l’élément indispensable pour humaniser la volonté de l’homme.

L’épouse, elle, se repose sur la ferme constance masculine qui lui sert d’appui. Les grandes lignes de l’existence familiale étant maintenues par la volonté du mari, la femme se détend avec confiance. Elle ne se sent pas dominée, mais affectueusement soutenue. La mère n’est plus seule à se débattre dans l’éducation des enfants dont les caractères exigent plus ou moins une autorité extérieure qui impose une discipline. Libérée de ce côté autoritaire de l’éducation, la mère, sans détruire l’influence paternelle, peut être alors toute délicatesse. Avec précision et douceur, elle exerce sa volonté « par l’intérieur » en orientant la vitalité enfantine dans le sens d’une totale réalisation humaine.

Ainsi lorsqu’elles s’accordent selon leurs vraies natures, la volonté masculine et la volonté féminine constituent une volonté commune qui soutient, oriente, oblige la réalité vivante dans toute sa totalité : l’une l’encadre et l’autre la pénètre.

Ces deux perspectives délimitent le domaine de la volonté masculine et le domaine de la volonté féminine. Cette délimitation ne signifie pas nécessairement exclusivité. Il faut surtout considérer une prédominance d’une volonté sur l’autre selon que le domaine de l’autorité s’exerce dans une activité masculine ou une activité féminine. Pendant qu’une des volontés humaines s’exprime, l’autre est présente ; c’est ainsi que la femme encourage, anime, stimule le vouloir masculin, alors que la stabilité consolide discrètement la volonté féminine en lui laissant toute sa souplesse pénétrante.

Ainsi l’homme et la femme restent libres dans leurs propres expressions ; mais en même temps chacun ne se sent plus seul dans son vouloir. Bénéficiant de l’appui réciproque, les époux voient s’accroître leur capacité de volonté dans un don mutuel.

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